Sygmatel : allier performance et engagement grâce à la permaentreprise
Entreprise de travaux d’électricité implantée dans le nord-ouest de la France, Sygmatel a choisi d’adopter le modèle de la permaentreprise pour structurer et renforcer ses engagements en matière de RSE. Organisation du travail repensée, transition énergétique et implication des salariés : une démarche qui porte déjà ses fruits. Entretien avec Eric Martin, Président de Sygmatel.
Entrepreneurs d’avenir : Qu’est-ce qui vous a amenés à la permaentreprise ?
Eric Martin : L’entreprise a toujours eu une sensibilité RSE, mais elle était diffuse, peu structurée et non co-construite avec les salariés. Après avoir entendu Sylvain Breuzard lors d’une conférence des Dirigeants Responsables à Nantes, j’ai eu envie d’aller plus loin parce que le modèle permaentreprise faisait écho à mes aspirations en ce sens qu’il créait des synergies entre business, développement et RSE. J’ai proposé la démarche en Comité de Direction qui l’a validée. Une équipe de 8 personnes représentant les différents métiers et profils de Sygmatel (responsable d’agence, techniciens, bureau d’études, fonction support…) a été formée à la permaentreprise et a réussi à embarquer les équipes pour définir nos enjeux et actions.
Pouvez-vous justement nous donner des exemples concrets d’actions qui concernent la première éthique de la permaentreprise : “prendre soin des humains” ?
Nous avons revu l’organisation du travail et aménagé le temps de travail quasi “à la carte” pour mieux répondre aux attentes des salariés et aux tensions sur le marché du travail. Nous avons créé la Sygmatel Academy, pour favoriser la montée en compétences et accompagner les managers dans leurs pratiques. Nous avons développé une application interne pour faciliter les entretiens annuels en donnant la possibilité à chacun de s’exprimer sur son travail et ses conditions. Nous avons mis en place “Nos salariés ont du talent”, une série d’actions pour mieux nous connaître (nous avons 12 sites qui comptent en moyenne une trentaine de personnes) et nous entraider. Enfin, nous avons instauré un baromètre social annuel, incluant un critère que nous avons identifié comme clé : l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle.
C’est déjà une belle trajectoire ! Et pour “préserver la planète” (deuxième éthique de la permaentreprise), quelles actions avez-vous engagées ?
L’enjeu environnemental est plus difficile parce que nous avons une organisation avec beaucoup de véhicules et le gros de la consommation d’énergie c’est le carburant ! Nous avons mis en place une flotte de véhicules électriques pour les salariés volontaires avec possibilité d’installer une borne de recharge à domicile et nous avons aussi revu l’organisation des tournées pour optimiser les déplacements. Et pour celles et ceux qui n’ont pas de véhicule de fonction, nous avons mis à disposition des vélos électriques « de fonction » ! En interne, nous avons aussi installé des panneaux solaires, des éclairages LED et mis en place un système de régulation de la température dans les bâtiments.
Nous installons du matériel électrique. Aujourd’hui, nous avons une contrainte normative assez forte parce qu’utiliser des produits d’occasion ou recyclés n’est pas simple du point de vue des assurances. Mais nous y travaillons quand même. Nous avons obtenu le label QualiRépar qui témoigne de l’engagement de l’entreprise à privilégier la réparation plutôt que le gaspillage et la consommation excessive.
Pour finir, qu’avez-vous constaté comme bénéfices ? Pouvez-vous là aussi nous donner des exemples concrets ?
Clairement, nous avons vu une diminution du turnover, de l’absentéisme et des accidents du travail. L’application interne a permis aux salariés de mieux partager les avancées de l’entreprise, de donner du sens et une nouvelle impulsion aux relations entre agences.
Nous avons également vu augmenter les propositions de cooptation.
Sur le plan environnemental, nous avons réduit nos déplacements et nos consommations d’énergie, ce qui a réduit notre facture énergétique, tout en diminuant nos émissions de CO2 et nos déchets.
C’est un long chemin sur beaucoup de sujets qui nécessite un fonctionnement collaboratif. Il faut donc que cela corresponde à la culture de l’entreprise et que le dirigeant en soit convaincu avant de la lancer.